Page:Banville - La Lanterne magique, 1883.djvu/244

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44. — ALICE LA PROVENÇALE

Voilà un amusant rappel de couleur, qui eût ravi le peintre des Femmes d’Alger, c’est que, dans cette jolie tête de Basquaise, les dents si gaies sont du même blanc que le blanc des yeux ! Ah ! ces yeux, tout petits, mais si bien fendus, si noirs, qu’ils sont caressants et fous en leur grâce alerte et vive ! Quelles cabrioles ils exécutent pour s’amuser, et comme ils font bien les affaires du diable ! Les pommettes sont très saillantes ; le petit nez droit va bien avec la petite bouche ; le sourire surtout est mignon sur ces petites lèvres bien découpées et peu charnues. Le visage est ovale, pâle ; le front est petit ; les cheveux, relevés à la chinoise, sont épais, lourds et d’un noir bleu. À voir le portrait seul de la tête, on doit deviner comme cette femme petite est menue et souple, et comme ses mouvements ont de l’ondulation. Et si je n’eusse eu la crainte de dépareiller ma collection régulière, j’aurais dû tailler ce camée-là en pied, pour faire voir à la postérité des jambes de jeune déesse, justement célèbres !


45. — INGRES

Une tête que l’Énergie doit avoir fait elle-même, tant elle y a laissé son empreinte ? Le front n’est pas colossal,