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QUATRIÈME DOUZAINE



XXXVII. — LE VIN

Devant un cabaret du vieux faubourg Saint-Germain, qui par un singulier hasard, dans ce quartier où les terrains sont aujourd’hui couverts d’or, occupe encore une maisonnette d’un seul étage ombragée et vêtue par les rameaux et les feuillages d’un cep de vigne centenaire, le jeune duc Enguerrand de Hély et son ami le peintre Léon Bertrix sont assis à une petite table, sur laquelle sont posés une bouteille et deux verres mousseline, emplis à moitié d’un vin rouge, clair, pourpré, charmant à voir, — et ils boivent, en regardant passer les belles Parisiennes.

C’est par une de ces après-midi de printemps où le soleil, déjà chaud, fait de Paris le plus bel endroit du monde ; où les feuillages naissants, les fleurs des jardins sont éclaboussées d’or, et où les femmes, avec leurs gracieux visages et leurs toilettes imaginées avec génie, semblent avoir refleuri, elles aussi, comme un mois de