Page:Banville - Les Belles Poupées, 1888.djvu/35

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pouvais dire de moi ce que madame de Pompadour disait d’elle-même : Je suis froide comme une macreuse ! Telle est mon histoire.

— Elle est, dit madame Orélia, tout à fait particulière et comporte des moralités très diverses. D’abord, elle prouve une chose déjà prouvée depuis longtemps ; c’est que l’Amour, non seulement souffle où il veut, mais fait tout ce qu’il veut, et comme il veut. Secondement, elle nous enseigne qu’il ne faut pas juger sur l’apparence, ni même sur la réalité. Car peut-être faites-vous beaucoup trop bon marché de monsieur Loisy, et il n’est nullement impossible de supposer que ce fabricant de draps ait été doué d’un génie spécial ! Enfin, elle nous montre que les idées reçues et passées à l’état de formules sont brutalement démenties par les faits. Le mécanisme de nos sens et de nos organes nous est profondément inconnu. C’est pourquoi, si les romans voulaient approcher de la vérité, qu’ils cherchent toujours, ils devraient tous être écrits par de grands physiologistes...

— Qui alors, dit madame Joannon, ne sauraient pas les écrire ! Car c’est un cercle vicieux.