Page:Banville - Petit Traité de poésie française, 1881.djvu/24

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Le bateau de Charon,
Quand l’âme nue arrive
Vagabonde en la rive
De Styx ou d’Achéron.


Ronsard. À Guy Pacate. Odes, Livre IV, V.


VERS DE SEPT SYLLABES.


J’estois couché mollement,
Et, contre mon ordinaire,
Je dormois tranquillement ;
Quand un enfant s’en vint faire
À ma porte quelque bruit.
Il pleuvoit fort cette nuit :
Le vent, le froid et l’orage
Contre l’enfant faisoient rage.


La Fontaine. L’Amour mouillé. Contes, Livre III, XII.


VERS DE HUIT SYLLABES.


À travers la folle risée
Que Saint-Marc renvoie au Lido,
Une gamme monte en fusée.
Comme au clair de lune un jet d’eau…

A l’air qui jase d’un ton bouffe
Et secoue au vent ses grelots.
Un regret, ramier qu’on étouffe.
Par instant mêle ses sanglots.


Théophile Gautier. Clair de lune sentimental. Émaux et Camées.