Page:Banville - Petit Traité de poésie française, 1881.djvu/35

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ne peut être placé à l’hémistiche*. Ainsi on ne pourrait pas dire : La laeur ardeniE — de paix et de bonté, La raison en est simple. C’est que pour indi- quer la césure, le repos, il faudrait alors appuyer sur Te muet, bien plus que ne le permet la pro- nonciation française. Même règle pour les mots terminés par un e muet suivi d’un s, ou par un e muet suivi des lettres nt. L’e muet forme syllabe dans ce vers : Et blasphèiiES, Toujours l’ornement des procès ? Racimb. Les Plaideurs, Acte II, Scène i. Mais on ne pourrait pas dire : Et cruels blasphèitEs, — L’oRnement des procès ? De même I’e muet forme syllabe dans ce vers : Quel intérêt, quels soins vous agiiENT, vous pressent? Racinb. Esther, Acte II, Scène vu. Mais on ne pourrait pas dire : Quels soins vous agixENT, — quel intérêt vous presse? L’e muet suivi d’un s ou des lettres nt, et . L’HÉMISTICHE est la moitié d*un vers. On entend par mot placé à rhéniistiche^ un mot dont la dernière syllabe précède immédiatement la césure, et par conséquent, dans le vers alexan- drin, se trouve être la sixième syllabe du vers.