Page:Banville - Petit Traité de poésie française, 1881.djvu/40

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carmina non prius Aadita ! Le mot DiPHTHONGUE, à son origine, était adjec- tif du mot syllabe. L’usage a prévalu de le pren- dre substantivement. La diphthongue (de SCç, deux fois, et cpQ^^yyoç, son) est une syllabe qui fait en- tendre le son de deux voyelles par une seule émis- sion de voix, modifiée par le concours des mou- vements simultanés des organes de la parole. Pour qu’une syllabe soit y T^uxiQVii diphthongue], il faut ces deux points réunis : qu’en la pronon- çant il n’y ait pas, du moins sensiblement, deux mouvements successifs dans les organes de la parole ; et que l’oreille entende distinctement les deux voyelles par la même émission de voix. Lorsqu’on prononce le mot Dieu, j’entends l’i et la voyelle eu, et ces deux sons se trouvent réunis en une seule syllabe et énoncés en un seul temps. C’est l’oreille qui, en dernière analyse, est juge de la diphthongue ; on a beau écrire deux ou trois ou quatre voyelles de suite , si l’oreille n’entend qu’un son, il n’y a pas de diphthongue. Ainsi, malgré la double voyelle, il n’y en a pas dans la première syllabe du mot au-mône et du mot au-ne, qui se prononce comme un ô long; il n’y en a pas non plus dans ait, oit et aient qui se pro- nonce comme un e ouvert.