Page:Banville - Socrate et sa Femme, 1886.djvu/22
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- Ah ! j’ai beau faire, et c’est en vain que mon sang bout :
- Je ne sais quel effort tenter ; je suis à bout
- D’inventions.
- Apercevant Myrrhine.
- Quelle est cette femme si belle
- Qui vient chez nous ?
- Myrrhine.
- Salut, Xantippe ! Je m’appelle
- Myrrhine, et je veux voir Socrate.
- Xantippe.
- Bien. Tu veux !
- Mais moi, je ne veux pas. La belle aux blonds cheveux,
- Socrate n’est pas là.
- Myrrhine veut parler, Xantippe l’arrête.
- C’est bon.
- Myrrhine.
- Mais…
- Xantippe.
- Par Aglaure !
- C’en est assez. Ta bouche en fleur, tu peux la clore.
- Myrrhine.
- Il faut…
- Xantippe.
- Il ne faut rien du tout. Je te connais,
- Myrrhine ! ainsi que tes pareilles. Tu venais,
- Comme les autres, dis, lui verser le mélange
- De miel et de nectar, la trompeuse louange !
- Grand merci. Mon mari n’est pas à marier.
- Myrrhine.
- Flatter Socrate ! Moi ! je viens l’injurier.