Page:Banville - Socrate et sa Femme, 1886.djvu/25

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Myrrhine.
Ma sœur.Qu’il n’aille pas faire la sourde oreille !
S’il pense que je vais jeûner pour ses beaux yeux,
Je lui montrerai bien qu’il se trompe.
Xantippe.
Je lui montrerai bien qu’il se trompe.Tant mieux.
Myrrhine.
Pour des phrases ! J’ai mieux que cela, je m’en flatte.
Xantippe.
Va, tempête, gémis, crie, accable Socrate !
J’y consens, moi qu’il fuit, discourant et rêvant,
Pour lire des mots creux, sous la nue et le vent,
Aux gens de Munychie ou du port de Phalère.
Ne faiblis pas. Lorsqu’il sera bien en colère,
Alors, appelle-moi, ma chère, nous rirons !
Les hommes, crois-le bien, seraient moins fanfarons,
Si le mors leur blessait la bouche et la narine.
Voilà Socrate. Il vient. Du courage, Myrrhine.
Attaque-le sans peur et d’un front aguerri.
Déchire à belles dents ! Mords !
Déchire à belles dents ! Mords !Elle rentre dans la maison.



Scène VI


MYRRHINE, SOCRATE.



Myrrhine.
Déchire à belles dents ! Mords !Rends-moi mon mari,
Socrate !