Page:Banville - Socrate et sa Femme, 1886.djvu/40
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- Bacchis.
- Et peut-être, au soleil qui t’illuminera,
- Plus tard, quelque naissant amour devinera
- L’énigme de ton cœur, mystérieux Œdipe, —
- Mélitta.
- Et te consolera d’avoir perdu Xantippe.
- Socrate.
- Elle absente, je n’ai plus faim pour d’autres mets.
- Sa place reste vide.
- Avec une douleur violente et naïve.
- Et quelle autre jamais
- Excellerait comme elle à prodiguer l’insulte ?
- Vivant près de Xantippe au sein du noir tumulte,
- Je ne craignais plus rien, ni le peuple mouvant,
- Ni le tonnerre, ni la grêle, ni le vent,
- Ni le soleil, ni l’âpre hiver et la froidure.
- Sans elle, nul espoir que ma sagesse dure,
- Car au bruit de sa voix grondant comme un torrent,
- Je veillais, je disais à toute heure : « Ignorant,
- Pense, étudie, apprends ! Vil esclave, travaille ! »
- Eupolis.
- À ce titre, il n’est pas une autre qui la vaille.
- Praxias.
- Elle eût épouvanté l’orage, —
- Antisthènes.
- Et les typhons.
Xantippe s’éveille sans être vue des assistants, écoute les paroles de son mari, avec étonnement d’abord, puis les boit avidement, et, comme entraînée à mesure qu’il parle, tend les bras vers Socrate. À ce moment, Myrrhine seule est près d’elle.