Page:Banville - Socrate et sa Femme, 1886.djvu/42
La bibliothèque libre.
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
- Antisthènes.
- L’enfer n’a pas voulu la prendre.
- Xantippe, ravie, à Socrate.
- Après de tels
- Aveux, comment ne pas renaître ?
- Socrate.
- Elle ! Xantippe !
- Vivante !
- Xantippe.
- Et corrigée. Oui, l’erreur se dissipe.
- Je n’avais rien de bon, je semais la terreur
- Devant moi, je n’étais que rage et que fureur ;
- J’étais folle, cruelle, abominable, indigne,
- Farouche, noircissant la colombe et le cygne,
- Plus méchante, en un mot, que le serpent Python.
- Mais tu m’en puniras, ami.
- Elle va prendre un bâton et l’apporte à Socrate.
- Prends, ce bâton.
- Il ne faiblira pas, il est gros comme quatre.
- Socrate.
- En effet. Mais pourquoi ce bâton ?
- Xantippe.
- Pour me battre !
- Oui, tu me battras.
- Socrate.
- Moi ! Pourquoi ?
- Xantippe.
- Pour châtier
- Mes colères, mes cris, mes pleurs, mon cœur altier,