Page:Bardeau - De la chaleur animale.djvu/20

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autre chose qu’une cellule simple. Plus tard, c’est-à-dire après la naissance, le nouvel être introduit dans son intérieur des matières nutritives, matières qui, après la digestion, se déposent dans le sein des tissus pour se transformer en éléments organisés analogues à ceux de ces mêmes tissus. À cette époque de la vie, la force d’assimilation l’emporte sur celle de décomposition, et, non-seulement le jeune sujet s’entretient, mais encore il grandit et prospère. Enfin, vient l’âge adulte. Que se passe-t-il alors dans l’organisme animal ? un double mouvement de composition et de décomposition, qui a pour but unique la vie du sujet.

Une transformation continuelle s’opère donc dans chaque tissu, et il y a incessamment des pertes et des acquisitions. Perdre et acquérir, tels sont les deux grands mots qui résument la série des modifications qui s’effectuent au sein de l’économie animale.

En vertu de quelles lois, la cellule primitive se transforme-t-elle, tantôt en fibre nerveuse, tantôt en fibre musculaire, ou bien, pourquoi dans tel organe reste-t-elle à l’état de simple cellule ? C’est ce que nous ignorons. La nature à ses secrets, et jusqu’ici la science a été impuissante pour nous les dévoiler. Certains physiologistes invoquent une force particulière, dite force vitale, analogue à certains points de vue à la force catalytique des chimistes. Mais quelle est la nature de cette force et où est son siège ? Réside-t-elle dans le système nerveux ? Évidemment non, car les cartilages articulaires sont dépourvus de nerfs, et cependant ils ont la propriété de se développer et de s’enflammer. La placerons-nous dans le système circulatoire ? mais alors comment se fait-il que la cornée lucide, qui ne reçoit plus de vaisseaux