Page:Bassompierre - Journal de ma vie, 1.djvu/234

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lesquels voulurent que personne ne courut s’il n’estoit en partie de quattre : et parce que Mrs de Guyse, de Jainville, de Termes, de Bassompierre, general des galeres[1], et comte de Sault, s’estoint joints ensemble pour faire une partie, nous leur fismes dire que nous estions liés six d’une partie, quy ne nous pouvions separer, lesquels ne voulurent accorder aucune partie de plus ou moins de quattre : ce quy fut cause que nous six ne voulusmes point courre ; mais nous vinmes voir la feste, fort bien parés. Et parce qu’en ces grandes assemblées ceux quy ont plusieurs affaires de dames, comme je avois lors, sont fort embarrassés, je pensois que j’aurois là bien de la peine ; mais la fortune m’assista de telle sorte que, sans rien perdre ni negliger, je contentay tout. Et en fin m’estant mis sans dessein au dessous du lieu ou la reine estoit, sur un eschaffaud ou estoit Mlle de Montmorency, Peraut[2] quy estoit pres d’elle, et quy avoit esté avesques moy en Hongrie, me força de prendre son siege ; et lors pour la premiere fois, je luy parlay, et tachay de m’insinuer en ses bonnes graces, sans penser a ce quy m’est depuis arrivé. Apres la feste je fus ravy de voir que j’avois contenté toutes celles avesques quy

  1. Le général des galères était alors Philippe-Emmanuel de Gondi, comte de Joigny, troisième fils d’Albert de Gondi, duc de Retz, et de Claude-Catherine de Clermont, qui plus tard entra dans la congrégation de l’Oratoire, et mourut le 29 juin 1662.
  2. Sans doute Jean du Fay, baron de Pérault, lieutenant de roi en Bresse, qui avait épousé Marie, fille bâtarde du connétable Henri de Montmorency.