Page:Bassompierre - Journal de ma vie, 1.djvu/440

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Tout cet historique de la charge de colonel général des Suisses est contesté par le P. Daniel dans son Histoire de la milice françoise. Suivant lui le premier colonel général des Suisses en titre d’office fut M. de Méru ; encore ses lettres étant de 1571, ce ne fut pas son père qui les lui fit obtenir : M. de Sancy fut pourvu de la charge en 1596 et la posséda jusqu’en 1605 : ce fut seulement alors que M. de Rohan l’obtint par sa démission. M. de Bassompierre était donc seulement le quatrième colonel général des Suisses. Le P. Daniel cite ou énonce les documents à l’appui de sa thèse. On peut lire cette dissertation dans l’Histoire de la milice françoise, t. II, p. 290 et suiv.


XIX


(voir p. 374).


L’enlèvement de l’abbesse de Remiremont, autorisé par la reine-mère, devint plus tard un grief contre cette princesse. Le sieur de Saint-Germain ayant dit dans sa « Très-humble, très-véritable et très-importante remontrance au Roy »[1], que la reine-mère avait défendu le roi mineur contre ses ennemis et lui avait rendu ses états tout entiers, le cardinal de Richelieu, ou son défenseur, dans la « Response au libelle intitulé Tres humble, très-véritable et très-importante remontrance au Roy », imprimée en 1632, critiqua cette proposition de la manière suivante :

« Dieu nous garde de blâmer la regance de la Reyne : mais de la mettre en avant comme une si grande obligation que le Roy luy a, il n’est pas raisonnable..... »

« L’Abbesse de Remiremont, qui est une Abbaye qui pretend autant de souveraineté en ses terres en Lorraine, que le

  1. Diverses pièces pour la défense de la reine mère du roi très-chrétien, faites et revues par messire Mathurin de Morgues.