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plus agréable que l’honnête liberté avec laquelle ils vivoient ensemble. On ne sçavoit là ce que c’étoit que cérémonie, dont la contrainte est insupportable à ceux qui sont nourris dans l’air du grand monde. Chacun se plaçoit où il se rencontroit. Ceux qui venoient le plus tard ne laissoient pas de se mettre à table, encore qu’il y eut deja longtemps que les autres y fussent. Quelque grande que fut cette bonne chere, on n’y parloit jamais de manger. De même que l’on étoit venu sans se dire bonjour, on s’en alloit sans dire adieu, les uns tôt, les autres plus tard, selon leurs affaires. Et on s’entretenoit sur toutes sortes de sujets, non seulement agréablement, mais utilement. »

(Mémoires d’Arnauld d’Andilly. Hambourg, 1734, 1re partie, p. 136.)


XIV


(Voir p.146).


On trouve dans le Repertoire de M. de Bassompierre, écrit de sa main (Bibliothèque nationale, Lat. 14224), deux pièces de vers inspirées par la promotion du 31 décembre 1619.

La première est en vers latins ; elle est particulièrement adressée à M. de Bassompierre :

Illusmo Exllmo que D. de Bassompierre regiæ torquatæ militiæ equiti recens inaugurato.


Clara triumphales circum tua tempora lauri
Sint modo laurigeri nobile vatis opus :
Personet illustres et belli et pacis honores
Qui volet, et priscæ stemmata prisca domus.
Non ego tot laudes nec tot censere triumphos
Institui, musæ luxuriantis opus.
Quòd rex helveticæ tibi credidit agmina gentis
Et datur invictis ponere jura viris,
Quòd nova torquatæ fulgent insignia pompæ
Quâ gerit angustam cerula vitta crucem,