Page:Bassompierre - Journal de ma vie, 2.djvu/431

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« C’est ce qui te cause de dire qu’aux discords vous faictes la nicque, et que les propheties du pere Dominique n’y ont rien faict, que tu dis Prophete de Baal, prenant le nom qui convient à tes ministres, pour en revestir nos Religieux. Les Prophetes de Baal ne peurent jamais faire descendre le feu pour brusler leurs sacrifices ; Helie le fit. Ce bon Pere de quoy tu parles, n’est ce pas un autre Helie qui a attiré le juste courroux et le feu de la vengeance Divine sur vous ? Tu dis qu’il avoit prefix le temps de vostre ruyne, cela est faux, c’est une imposture que tu luy donnes pensant par ceste calomnie luy concilier la honte du peuple : mais tu ne trouveras pas de mensonge en son faict ; tost ou tard vous perirez : le mesme accident qui arriva jadis à Penthée, capitaine Athenien, pour s’estre mocqué de la prophetie de Teresias, augure des Dieux, et qui avoit puissance sur les destinées, te menace et tous ceux qui ont negligé les advis de cet homme de Dieu. »

(Apologie pour le roy et response aux calomnies et meditations injurieuses de l’advocat de Montauban. Paris, M. DC. XXII.)

Quoi qu’il en soit, cette époque du 15 octobre correspond effectivement aux dates rectifiées des préparatifs d’assaut général, et de la tentative avortée que raconte Bassompierre aux pages 352 et suivantes.

Le P. Dominique vint aussi à Paris où il fut l’objet de la vénération générale et où « il n’y avoit bonne femme qui ne luy coupast un lopin de sa robbe. » (Chronique des favoris.)


XX


(Voir p.333).


Quelques jours avant cette affaire le comte d’Ayen avait reçu du roi les instructions suivantes :

17 septembre 1621. Le roy a Mr le comte d’Ayen, François de Noailles.