Page:Baudelaire Les Fleurs du Mal.djvu/171

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     Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
     Les riches plafonds,
     Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
     Tout y parlerait
     À l’âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

     Vois sur ces canaux
     Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;
     C’est pour assouvir
     Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
     — Les soleils couchants
     Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
     D’hyacinthe et d’or ;
     Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.



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