Page:Beaumarchais - Œuvres choisies, édition 1913, tome 2.djvu/194

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de loin, les doigts unis sur sa bouche.

Voilà votre baiser, Monsieur ; je n’ai plus rien à vous.

FIGARO court après elle.

Ô ! mais ce n’est pas ainsi que vous l’avez reçu.


Scène xx

II.

FIGARO seul.

La charmante fille ! toujours riante, verdissante, pleine de gaieté,
d’esprit, d’amour et de délices ! mais sage !… (il marche vivement en
se frottant les mains.) Ah, Monseigneur ! mon cher Monseigneur ! vous
voulez m’en donner…. à garder ? Je cherchais aussi pourquoi m’ayant
nommé concierge, il m’emmène à son ambassade, et m’établit courrier de
dépêches. J’entends, monsieur le Comte : trois promotions à la fois ;
vous, compagnon ministre ; moi, cassecou politique, et Suzon, dame du
lieu, l’ambassadrice de poche : et puis fouette courrier ! pendant que je
galoperais d’un côté, vous feriez faire de l’autre à ma belle un joli
chemin ! me crottant, m’échinant pour la gloire de votre famille ; vous,
daignant concourir à l’accroissement de la mienne ! quelle douce
réciprocité ! Mais, Monseigneur, il y a de l’abus. Faire à Londres en
même-temps les affaires de votre maître et celles de votre valet !
représenter à la fois le roi et moi dans une cour étrangère ! c’est trop
de moitié, c’est trop.--Pour toi, Bazile ! fripon mon cadet ! Je veux
t’apprendre à clocher devant les boîteux ; je veux…. Non, dissimulons
avec eux pour les enferrer l’un par l’autre. Attention sur la journée,
monsieur Figaro ! D’abord avancer l’heure de votre petite fête, pour
épouser plus surement ; é