Page:Beaumarchais - Œuvres choisies, édition 1913, tome 2.djvu/298

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 inquiète. Passer ainsi la vie à chamailler, c’est
peser sur le collier sans relâche, comme les malheureux chevaux de la
remonte des fleuves, qui ne reposent pas, même quand ils s’arrêtent, et
qui tirent toujours quoiqu’ils cessent de marcher. Nous attendrons….

LE COMTE.

Sot événement qui me dérange !

BRID’OISON, à Figaro.

Et la noblesse et le château ? vous impo-osez à la justice ?

FIGARO.

Elle allait me faire faire une belle sottise, la justice ! après que j’ai
manqué, pour ces maudits cent écus, d’assommer vingt fois Monsieur, qui
se trouve aujourd’hui mon père ! mais, puisque le ciel à sauvé ma vertu
de ces dangers, mon père, agréez mes excuses… Et vous, ma mère,
embrassez-moi… le plus maternellement que vous pourrez.

(Marceline lui saute au cou.)


Scène xx

XVII.


BARTHOLO, FIGARO, MARCELINE, BRID’OISON, SUZANNE, ANTONIO, LE COMTE.
SUZANNE, accourant une bourse à la main.

Monseigneur, arrêtez ; qu’on ne les marie pas : je viens payer Madame avec
la dot que ma maîtresse me donne.

LE COMTE, à part.

Au diable la maîtresse ! Il semble que tout conspire…

(Il sort.)
SCÈNE