Page:Beaumarchais - Œuvres choisies, édition 1913, tome 2.djvu/311

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 Chérubin) Quelle est cette aimable
enfant qui a l’air si modeste ?

UNE BERGÈRE.

C’est une cousine à moi, Madame, qui n’est ici que pour la noce.

LA COMTESSE.

Elle est jolie. Ne pouvant porter vingt bouquets, fesons honneur à
l’étrangère. (elle prend le bouquet de Chérubin, et le baise au front)
Elle en rougit ! (à Suzanne) Ne trouves-tu pas, Suzon… qu’elle
ressemble à quelqu’un ?

SUZANNE.

À s’y méprendre, en vérité.

CHÉRUBIN, à part, les mains sur son cœur.

Ah ! ce baiser-là m’a été bien loin !


Scène xx

V.


LES JEUNES FILLES, CHÉRUBIN au milieu d’elles, FANCHETTE, ANTONIO, LE
COMTE, LA COMTESSE, SUZANNE.
ANTONIO.

Moi je vous dis, Monseigneur, qu’il y est ; elles l’ont habillé chez ma
fille ; toutes ses hardes y sont encore, et voilà son chapeau
d’ordonnance que j’ai retiré du paquet. (il s’avance, et regardant
toutes les filles il reconnaît Chérubin, lui enlève son bonnet de femme,
ce qui fait retomber ses longs cheveux en cadenette ; il lui met sur la
tête le chapeau d’ordonnance, et dit : ) Eh ! parguenne, v’là notre
officier.

LA COMTESSE recule.

Ah ! Ciel !

SUZANNE.

Ce friponneau !

ANTONIO.