Page:Beaumont - Contes moraux, tome 1, Barba, 1806.djvu/22

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mangerait le soir. Elle résolut de se promener en attendant, et de visiter ce beau château : elle ne pouvait s’empêcher d’en admirer la beauté.

Mais elle fut bien surprise de trouver une porte sur laquelle il y avait écrit : APPARTEMENT DE LA BELLE. Elle ouvrit cette porte avec précipitation, et elle fut éblouie de la magnificence qui y régnait ; mais ce qui frappa le plus sa vue fut une grande bibliothèque, un clavecin, et plusieurs livres de musique. On ne veut pas que je m’ennuie, dit-elle tout bas. Elle pensa ensuite ; si je n’avais qu’un jour à demeurer ici, on ne m’aurait pas fait une telle provision. Cette pensée ranima son courage. Elle ouvrit la bibliothèque, et vit un livre où il y avait écrit en lettres d’or : SOUHAITEZ, COMMANDEZ ; VOUS ÊTES ICI LA REINE ET LA MAÎTRESSE.

Hélas ! dit-elle, en soupirant, je ne souhaite rien que de voir mon pauvre père, et de savoir ce qu’il fait à présent : elle avait dit cela en elle-même. Quelle fut sa surprise, en jetant les yeux