Page:Becque - Sonnets mélancoliques, 1887-1888.djvu/7

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VII


 

Le temps et ses leçons amères
Ne nous guérissent qu’à moitié ;
Nous reconnaissons nos chimères,
Sans pouvoir les prendre en pitié.
 
Une heure, après des maux sans trêves,
Nous nous arrêtons consternés ;
Et puis nous reprenons nos rêves
Que leur histoire a condamnés.

Poètes, quel sort est le nôtre !
Nous courons d’une erreur à l’autre,
Têtes folles et cœurs blessés ;

Dans ce besoin d’aimer immense,
Une voix nous dit : recommence,
Quand l’autre nous dit : c’est assez.


Henry Becque.