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4. Berzelius à Berthollet.9
[Octobre 1810.]

M. le Comte,

J’ai eu l’honneur de recevoir votre lettre du [28.9 1810] et je vous prie d’agréer mes plus sincères remercîments de toutes les choses flatteuses et obligeantes que vous m’y dites, ainsi que de la bonté que vous avez eue de vouloir bien parler en ma faveur à notre Prince Royal. Veuillez bien être persuadé que je ne négligerai rien pour mériter la continuation de tant d’amitié de votre part.

Il me serait extrêmement intéressant de faire un voyage à Paris, et particulièrement de jouir pendant quelques semaines de votre société à Arcueil, cet endroit si justement célèbre dans les annales de la Chimie, et je ne manquerai pas de faire tout ce qui dépendra de moi pour réaliser un projet si attrayant.

Mais quant à cette place auprès de notre mission à Paris dont vous parlez dans votre lettre, je doute qu’elle puisse me convenir. Outre qu’elle me détournerait des travaux dont je suis maintenant occupé, ainsi que des postes que je remplis ici, puisqu’elle présupposerait un séjour prolongé à Paris, il est difficile qu’une seule personne puisse s’occuper avec exactitude de la traduction d’ouvrages qui traitent de sciences différentes, dont la nature et le génie ne sont souvent pas les mêmes. Mais je me chargerai volontiers du soin de faire traduire ici en français (si les Instituts de Paris ou de Stockholm veulent en faire les frais) toutes les productions scientifiques qui pourront mériter quelque attention, et de les envoyer à Paris ; cela serait d’autant plus facile qu’il y a beaucoup de personnes ici qui écrivent passablement bien le français, et qu’il serait d’ailleurs aisé de corriger des idiotismes ou des tournures de phrases contraires au génie de la langue française.

J’ai pris la liberté de vous envoyer ci-joint, M. le Comte, un extrait de mon dernier traité ; il me serait extrêmement