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la communication entre nous serait rompue de nouveau durant l’été, il se pourrait bien que [je] fusse prévenu par d’autres qui peuvent travailler dans les mêmes matières.





19. Berzelius à Berthollet.
[Mai 1812.]

Monsieur le Comte,

C’est avec la plus vive reconnaissance pour toutes les bontés que vous ne cessez de me témoigner que j’ai reçu vos deux dernières lettres du 6 et du 7 avril, et il m’est impossible de vous exprimer combien je regrette de ne pouvoir de sitôt profiter ni de vos bonnes dispositions envers moi, ni de l’instruction que me procurerait votre conversation. Mais le Roi m’a ordonné de différer mon voyage à un autre temps ; l’avenir est souvent trompeur, l’homme propose et Dieu dispose.

J’avais tout préparé pour entreprendre ce voyage vers le 4 de mars, mais, voulant prendre congé du Roi, il plut à Sa Majesté de m’ordonner d’attendre ici le passeport que j’avais demandé par votre intercession. Des Suédois nouvellement arrivés de France m’ayant informé des difficultés presque sans nombre qu’éprouvaient les voyageurs suédois sur les frontières de l’empire français et M. Perthes n’ayant au commencement d’avril encore reçu aucune lettre pour moi, j’abandonnais peu à peu l’espérance de venir à Paris cette année. — Mais l’arrivée de vos deux aimables lettres me donna de nouvelles espérances. Je m’y livrai avec d’autant plus de confiance que tous les obstacles semblaient levés et mon libre passage assuré ; cependant je fis présenter le contenu de vos lettres au Roi, qui est maintenant à Örebro à l’occasion de la Diète56, et j’employai les huit jours nécessaires pour obtenir la décision de S. M. à faire mes préparatifs de ce voyage tant désiré, afin de pouvoir, à l’arrivée de la réponse, profiter de l’offre aimable que M. Laubry57 m’avait faite d’être son compagnon de voyage. C’est dans ces dispositions que je reçus