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l’ordre du Roi susmentionné ; vous pouvez donc vous figurer, M. le Comte, combien ce contretemps m’a fait de la peine, et je puis vous assurer que jamais il ne m’a tant coûté d’obéir aux ordres de Sa Majesté qu’à cette occasion.

Veuillez agréer l’expression de mes regrets bien sincères et me conserver toujours l’amitié que vous avez bien voulu m’accorder jusqu’ici ; c’est avec ce souhait, la plus vive reconnaissance et la plus haute considération que j’ai l’honneur d’être,

M. le Comte, votre etc.






20. Berzelius à Berthollet.
[Octobre 1812.]

Monsieur le Comte,

Le Dr. Laubry vous a sans doute remis ma dernière lettre et vous aura dit combien il m’a coûté de renoncer à l’espérance de vous voir sitôt. — Notre aimable Prince Royal, voyant combien me coûta d’abord le refus net qu’il me fit d’aller en France, m’offrit d’aller passer l’été à Londres. Je suis ici depuis la fin de juin, et je retournerai dans peu de jours à Stockholm58. Mon séjour ici a été très intéressant et très instructif, en me fournissant une quantité de moyens chimiques dont je n’avais aucune idée auparavant. Mais ce que j’estime le plus de tout est la connaissance personnelle de l’admirable Wollaston et du brillant Davy. Je suis sûr que parmi les chimistes qui pour le moment sont dans la fleur de leur âge, il n’y a aucun qui puisse être comparé à Wollaston en profondeur et en justesse d’esprit aussi bien qu’en richesse de moyens, et tout cela est en lui combiné avec des manières douces et une modestie sincère. J’ai plus profité en une heure de conversation avec lui que souvent par la lecture de larges volumes imprimés. Il m’a communiqué des parties détachées d’une quantité de ses idées théoriques sur la chimie, lesquelles