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dans les deux qui vont paraître que se trouvera le mémoire que vous avez eu la bonté de m’envoyer81, partagé en deux parties. Je ne puis encore vous envoyer le troisième volume des Mémoires d’Arcueil, parce que nous avons encore rencontré des obstacles inattendus à la fin de l’impression.

Il vous est dû sur le compte des anciennes Annales 609 francs ; mais je n’ai pu en retirer que 325 fr. Il est bien à craindre que le reste ne puisse échapper à la banqueroute. J’ai donc 325 francs à votre disposition. Je vous prie de me marquer par votre première lettre à qui vous voulez que je les remette. Pour les nouvelles Annales, les coopérateurs n’en retirent rien à présent, parce que, vu un impôt inattendu mis sur les journaux, ce n’est qu’avec perte que l’on peut soutenir celui-ci ; mais l’année prochaine on augmentera l’abonnement et alors on pourra rétablir les rétributions ordinaires.

Je vous avoue que dans ce pays-ci on est généralement décidé à regarder le chlore comme une substance simple, parce que l’on croit que les lois de composition ne peuvent s’appliquer avec sûreté qu’aux compositions constatées par l’expérience et que leur application ne peut se faire aux autres corps qu’avec une probabilité qui peut être contrebalancée par d’autres probabilités. Pour moi, je suis à la fin de ma carrière ; l’étude n’est plus pour moi qu’une distraction et j’ai de la peine à suivre les progrès de la science. Je sens néanmoins les immenses services que vous lui rendez et je suis bien scandalisé de la manière irrespectueuse dont on vous a traité dans le second numéro du Journal des sciences et arts de l’Institution Royale82. Agréez avec votre bonté ordinaire les sentiments que je vous ai voués et la haute considération avec laquelle j’ai l’honneur d’êtte,

Monsieur,

Votre très humble et très obéissant serviteur
Berthollet.

Paris 21 août 1816.