Page:Berzelius Bref 2.djvu/6

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Berzelius constituent un document du plus haut intérêt psychologique, éclairant d’une vive lumière le naturel aussi bien du critique que de l’objet de la critique.

Il est bien compréhensible qu’entre des personnes de natures aussi opposées, il ne pouvait guère exister, en dépit de l’estime mutuelle, de rapports d’amitié comparables à ceux qui, à la même époque, se développèrent par ex. entre Berzelius et Berthollet, non pas même après leur rencontre à Londres en 1812. Ce fut au contraire cette rencontre qui, d’après ce qui ressort de l’autobiographie de Berzelius, fut la cause extérieure de la brouille qui, une fois survenue, demeure au fond irréparable. Chose significative : sur le brouillon de ses pages de critique, Berzelius a noté par la suite : « un peu trop dure et d’ailleurs fort mal reçue ».

Une sorte de réconciliation officielle fut certes ménagée, par l’intermédiaire, paraît-il, de Mme de Staël, très liée d’amitié avec lady Davy, réconciliation dont le résultat fut les lettres d’octobre 1813 (N° 15 et 16). Mais à en juger par divers signes, notamment par la nouvelle et longue interruption de la correspondance qui suivit ces quelques lettres, la réconciliation dut être plus apparente que réelle. Et même lorsque, sur le tard, les rapports furent renoués, on sent dans les lettres un certain froid poli que la dernière et brève entrevue de l’été 1824 ne semble pas avoir contribué à dissiper. Aussi, peu de temps après, verra-t-on cesser la correspondance — cette fois définitivement — plusieurs années avant la mort de Davy, arrivée en 1829.




Les chiffres renvoient aux notes après le texte.