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N° XXII.

FORMATION DU PLURIEL DANS LES SUBSTANTIFS. — NOMS DE TOUTE TERMINAISON.




1re SÉRIE. — SINGULIER.

L’homme véritablement libre est celui qui, dégagé de toute crainte et de tout désir, n’est soumis qu’aux dieux et à la raison. (Fénelon.)


Le bien, nous le faisons ; le mal, c’est la fortune.
On a toujours raison ; le destin, toujours tort. (La Fontaine.)


La loi dans tout état doit être universelle ;
Les mortels, quels qu’ils soient, sont égaux devant elle. (Voltaire.)

Les plus grandes vérités sont ordinairement les plus simples. (Malesherbes.)


Un roi ne sait jamais s’il a de vrais amis. (Boursault.)

La vertu a beaucoup de prédicateurs, mais peu de martyrs. (Helvétius.)


L’habitude est le plus grand écueil de la raison. (De Livry.)

Malheureux et détrompés, nous préférons aux brillantes couleurs du prisme de l’espérance la blancheur du linceul. (Bern. de St-Pierre.)


Le soleil demeure constamment à la même place. (Berquin.)

Tout se réduit souvent pour le voyageur à échanger dans la terre étrangère des illusions contre des souvenirs. (Chateaubriand.)


Un sot trouve toujours un plus sot qui l’admire. (Boileau.)


Il y porte une corde, et veut, avec un clou,
Au haut d’un certain mur attacher le licou. (La Fontaine.)

Un caravansérail est une hôtellerie dans le Levant, où les caravanes sont reçues gratuitement, ou pour un prix modique. (Académie.)

La passion fait un fou du plus habile homme et rend habiles les plus sots. (Larochefoucauld.)

Un généreux conseil est un puissant secours. (Corneille.)

2e SÉRIE, PLURIEL.

Les hommes qui ont le plus de sagesse et de talent ne manquent point de s’adonner aux arts auxquels les grandes récompenses sont attachées. (Fénelon.)

Les biens d’un homme ne sont pas dans ses coffres, mais dans l’usage qu’il en tire. (J.-J. Rousseau.)

Il ne faut pas faire par les lois ce qu’on peut faire par les mœurs. (Montesquieu.)

La vérité est une reine qui a dans le ciel son trône éternel, et le siège de son empire dans le sein de Dieu. (Bossuet.)


… Les rois sont des hommes. (Id.)

Les vertus se perdent dans l’intérêt, comme les fleurs se perdent dans la mer. (Larochefoucauld.)

La fausse gloire et la fausse modestie sont les deux écueils de ceux qui écrivent leur propre vie. (De Retz.)

Les drapeaux des partis sont des linceuls dans lesquels on ensevelit la patrie. (Bernardin de St-Pierre.)

Les étoiles fixes sont autant de soleils. (Fontenelle.)

Le saule est agréable aux génies des voyageurs, parce qu’il croit au bord des fleuves, emblèmes d’une vie errante. (Chateaubriand.)


Les sots depuis Adam sont en majorité. (Cas. Delavigne.)

Un siège aux clous d’argent te place à nos côtés. (A. Chénier.)

De distance à autre, je rencontrais de grands caravansérails bien fermés et de vastes bazars ou marchés, où régnait le plus grand silence. (Bernardin de St-Pierre.)

Les fous mènent les sages : ils sont plus nombreux. (Boiste.)

On ne donne rien si libéralement que ses conseils. (Larochefoucauld.)

Ce qu’il faut conclure des exemples de l’une et de l’autre colonne, c’est qu’en français tout mot terminé par une voyelle ou par une consonne prend un s au pluriel, quel que soit d’ailleurs son genre : cette lettre est, dans le génie de la langue française, le vrai caractère du pluriel.