Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 1.djvu/53

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des idées libérales. Introduire au pouvoir ces intérêts et ces idées, après s’en être constitué le représentant offrir en cette qualité, ses services à la Restauration, et la dominer en la servant, tel était son but. M. de Talleyrand se trouvait alors à Vienne, où il négociait la honte de son pays. Fouché restait donc maître du champ de bataille. Il se mit à l’oeuvre, et fit si bien qu’un jour M. de Montesquiou rassembla plusieurs hommes influents du parti royaliste, pour leur demander s’il ne serait pas utile à la monarchie que le pouvoir fût remis à un ministère libéral. Or, le ministère dont il était question, c’était Fouché qui l’avait préparé. Et savez-vous de quels hommes il avait voulu le composer ? De MM. Laîné, Lally-Tollendal, et même Voyer-d’Argenson. Voilà sur quelle pente on glissait, tant il est vrai que ce qu’il y avait au fond de là situation, c’était le triomphe du libéralisme, comme principes ; de la bourgeoisie, comme intérêts.

Tout à coup une nouvelle étrange se répand. On raconte que l’exilé vient de toucher le sol où il fut empereur, que les villes se soulèvent à son approche ; que les bataillons accourent au-devant de lui avec des cris d’amour ; que la France en armes lui fait cortége. Eh bien ! c’est ici que se peut voir le degré de puissance auquel était parvenue la bourgeoisie. Car, enfin la renommée n’avait pas menti : Napoléon s’avançait porté sur les bras d’une