Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 3.djvu/147

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singulière, étalant aux yeux de la population des innovations de costume plus propres à la frapper que des innovations d’idées, pratiquant dans la retraite une sorte de fraternité bizarre, et finissant par s’effacer, entre les persécutions d’un pouvoir ignorant et les huées d’une multitude railleuse.[1]




  1. Au moment où nous écrivons, les saint-simoniens sont dispersés dans des carrières diverses. M. Lambert a fait un voyage en Egypte où il est devenu Lambert-Bey. M. Duveyrier fait des vaudevilles. M. Michel Chevalier est au conseil-d’état. M. Carnot est député. M. Cazeaux dirige la compagnie de défrichement des Landes et se distingue comme industriel. MM. Transon et Dugied sont rentrés avec éclat dans le giron du catholicisme. M. Margerin est professeur dans une des universités catholiques de Belgique. M. Péreire est attaché à la haute administration de l’un des chemins de fer de Versailles, dont il a été l’agent principal. M. Laurent a accepté une place déjuge à Privas, et a écrit une histoire populaire de Napoléon. M. Olinde Rodrigues, homme d’esprit et d’action, s’occupe de finances. Madame Bazard est rentrée dans le sein du catholicisme avec son gendre, M. de Saint-Chéron, rédacteur de l’Univers religieux. MM. Jean Reynaud et Pierre Leroux, deux puissants philosophes, ont continué à poursuivre dans leurs travaux le double but de leurs anciennes études : la religion et l’humanité. Retiré dans une maison de campagne, non loin de Lyon, M. Enfantin a repris le cours de la vie ordinaire.