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CHAPITRE VIII.


Essai de terrorisme monarchique. — État des prisons. — Scènes de violence. — Procès d’Armand Carret devant la Chambre des pairs.


Pour lever le voile sur les intrigues de Cour, nous avons un moment interrompu le récit des actes violents auxquels la dévastation de Lyon avait ouvert carrière. Il faut reprendre au point où nous l’avons laissé, ce fatal récit.

Depuis le mois d’avril, Lyon était au régime de la terreur. Le pouvoir y avait abandonné à ses agents les plus vils le soin de déshonorer sa victoire. La police y régnait. Quand un gouvernement triomphe et paraît tout-puissant, les âmes dégradées courent à l’envi s’atteler à son char. Alors il arrive que ceux-là même qui, le voyant chanceler, étaient prêts à se déclarer ses ennemis, deviennent tout-à-coup ses complaisants, les adulateurs de sa force, et se font, avec un emportement féroce, les ministres de ses vengeances. Cet appui de la bassesse ne manqua pas au parti des victorieux. D’un autre côté, l’esprit militaire venait de recevoir, sur les ruines