Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 4.djvu/73

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


CHAPITRE II.


Corruption des mœurs. – La Tribune attaque la Chambre et est appelée à la barre de l’assemblée ; plaidoiries, jugement. – La fête du 21 janvier abolie. — Travaux législatifs ; organisation départementale, instruction primaire, expropriation pour cause d’utilité publique. — Troubles dans Paris ; M. Rodde sur la place de la Bourse. Coalitions d’ouvriers. Société des Droits de l’Homme ; son manifeste ; sensation produite par cette publication. — Procès des 27. — Acquittement de MM. Charles Teste et Voyer d’Argenson.


L’année 1833 ne fut pas remplie tout entière par les événements que nous venons de raconter ; et, tandis que, frappées de vertige, les royautés semblaient s’abaisser sous la main de Dieu, leurs ennemis croissaient en nombre, en énergie et en audace.

Deux forces rivales étaient en présence : ici, une assemblée élective, là, un chef héréditaire. Le régime constitutionnel avait par conséquent installé l’anarchie dans les régions du pouvoir. La société avait deux têtes. Qu’en était-il résulté ? Que l’autorité, vacillant sous des efforts contraires, n’avait cessé de pencher, tantôt du côté du trône, tantôt du côté de la Chambre ; et, qu’au-dessous, la nation, partagée entre la crainte de l’oppression et celle du désordre, était devenue le prix d’un combat.