Page:Bloy - Les Dernières Colonnes de l’Église, Mercure de France, 1903.djvu/225

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Seigneur Jésus ! J’aimerais mieux que vous n’eussiez pas de maison. Regardez ces colonnes qui ne permettent même pas qu’on vous aperçoive de loin sur votre autel.

C’est vrai que je suis fameusement audacieux de vous parler de la sorte, puisque je suis un pécheur et que c’est à peine si j’ai le droit de lever les yeux.

C’est vrai aussi que je suis pieds nus et que je n’ai ni bourse ni besace. Mais n’est-ce pas ainsi que vous envoyâtes vos disciples, en leur recommandant avec mystère de « ne saluer personne en chemin » ?

Vous me ferez cette justice que j’ai salué peu de gens depuis si longtemps que je suis errant parmi les hommes, à la façon d’un désespéré,