Page:Bloy - Les Dernières Colonnes de l’Église, Mercure de France, 1903.djvu/89

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tin et le font hennir vers son cabinet de travail et ses chaussons feutrés.

« Penché à la portière du vagon, Durtal plongeait directement dans l’abîme ; sur cette ligne étroite à une seule voie, le train longeait, d’un côté, les quartiers accumulés de pierre, et de l’autre, le vide. Seigneur ! Si l’on déraillait ! Quelle capilotade ! » se disait-il[1]. Voilà tout l’effet sur son âme du sublime torrent de La Salette que déshonore aujourd’hui le voisinage d’un chemin de fer. Le Drac lui fiche le trac, simplement, et il ne s’en cache pas. Ne s’est-il pas vanté, il y a quelque vingt-cinq ans, d’avoir fait la guerre de 70 dans les hôpitaux, en proie à une continuelle colique ?

Tout dépend du point de vue. Quand l’héroïsme semble grotesque, la chiasse devient glorieuse. Il n’est pas loin de se considérer comme un martyr pour avoir accompli le pèlerinage de La Salette, et les montagnes environnantes, qu’il compare à « des tas géants de coquilles d’huî-

  1. Idem, p. 13.