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L’ACADÉMIE FRANÇAISE SOUS L’ANCIEN RÉGIME.

intelligent, quand il flatte les bas instincts populaires. Il se défendit par une « lettre à ses concitoyens ’ », où il invoquait son passé, sa haine ancienne pour la noblesse, son amour de l’égalité, « passion de sa vie entière », ses principes républicains « bien antérieurs à la République ». Il protestait contre l’accusation d’avoir été lié avec Roland et les Girondins. Son patriotisme était de bien meilleure nuance. « Mes idées, disait-il, ont été en opposition absolue avec les leurs sur presque toutes les questions importantes, comme la garde départementale, le jugement de Louis Capet, l’appel au peuple et plusieurs autres. » Il n’en fut pas moins arrêté et incarcéré aux Madelonnettes. Relâché, mais placé sous la surveillance d’un gendarme, il se jura à lui-même de ne plus retourner en prison. Quand il sut qu’on voulait l’y reconduire, il essaya de se tuer. Avec ses pistolets d’abord, son rasoir ensuite, il se fit à la tête, à la gorge, aux cuisses, aux jambes, d’affreuses et maladroites blessures qui le laissèrent mutilé, mais vivant encore. Il traîna quelque temps, parut même se rétablir contre toute attente,

. Éd. Auguis, V, p. 325 et suiv.