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LE LIT-CLOS




Voici la saison des veillées :
Les gâs aux mines éveillées
Se reposent de leurs travaux
En tendant leurs deux mains rugueuses
Vers les mignonnes tricoteuses
Pour dévider les écheveaux ;

Car des « pennerès » c’est la tâche :
Elles tricotent sans relâche
Sur le « banc-tossel », chaque soir,
Les tricots, les bas, les mitaines,
Tout en surveillant les châtaignes
Et le « flip », et le café noir.

En face d’elles, les Fileuses
Filent, près du feu — les frileuses ! —
Le lin des dernières moissons,
Et leur vieux rouet qui chantonne
Chante sa chanson monotone
Pour rythmer leurs douces chansons.