Page:Botrel - Contes du lit-clos, 1912.djvu/76

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Ils pourront réchauffer leurs grands yeux sans paupières,
          Leurs pauvres mains, leurs pauvres pieds :
Pour qu’ils n’y touchent pas, retirez les crêpières,
          Retirez les brûlants trépieds.

Enfin, laissez dehors de la crème caillée,
          Des crêpes chaudes, du pain bis,
Pour que les pauvres morts, au cours de leur veillée,
          Goûtent aux choses de jadis…

Puis, avant de dormir, enfants, hommes et femmes,
          En chœur, nous allons, coup sur coup,
Chanter à demi-voix la « Complainte des Âmes »
          Et la « Ballade de l’Ankou » :





LA COMPLAINTE DES ÂMES





Vierge Marie, ô bonne Mère,
Ô bonne Mère de Jésus !
C’est ici la Complainte amère
Que chantent ceux qui ne sont plus !

Nous venons en ce soir d’Automne,
Frapper aux portes des Amis :
C’est Jésus-Christ qui nous ordonne
De réveiller les endormis !