Page:Botrel - Contes du lit-clos, 1912.djvu/78

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« Dans le Purgatoire on nous laisse,
« Priez pour ceux qui ne prient pas !
« Priez pour nous ! priez sans cesse
« Puisque nos gâs sont des ingrats !…

Allons ! la Nuit n’est pas finie !
Priez tous au pays d’Armor,
Hormis les gens à l’agonie
Ou déjà surpris par la Mort !




L’ANKOU[1]




— Allez dire de proche en proche
Au cœur-de-sable, au cœur-de-roche,
Au « trop brave » comme au « tremblant »
Que l’
Ankou terrible s’approche
Avec son grand char noir et blanc !…

En me voyant chacun demande :
« Quel est ce vieux qui, par la lande,
S’en vient avec sa grande faulx ?
Il n’a pas une once de viande,
Non, pas une once sur les os ! »

  1. L’Ankou est, en Bretagne la personnification masculine de la Mort ; c’est l’ouvrier de la mort, le dernier défunt de l’année qui, dans chaque paroisse, revient sur terre chercher les trépassés.
    (A. Le Braz. — Légende de la mort).