Page:Bouchaud - Considérations sur quelques écoles poétiques contemporaines, 1903.djvu/16

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l’emportent de beaucoup, à cet égard, sur de pénibles assemblages de rimes. Si l’on est charmé, à juste titre, par des vers comme ceux-ci :

La fille de Minos et de Pasiphaé,


ou

L’effigie aux yeux clos de quelque grand destin ;

on ne peut qu’être désagréablement affecté par le vers suivant :

Ô père de famille, ô poète, je t’aime !


ou encore,

Elle est charmante, elle est charmante, elle est charmante.

Gardons-nous de condamner trop vite ce que nous ne comprenons pas toujours. « N’ayons pas ce dédain qui, chez un particulier comme chez un peuple, marque ordinairement peu de lumière », a dit excellemment Raynal dans son Histoire philosophique.

Le dédain est, du reste, une arme ridicule. Il ne faut pas traiter comme une chose sans importance l’école des Symbolistes. Elle a produit de belles œuvres. Elle peut parfaitement en produire de nouvelles encore. Il y a place pour tout le monde sous le soleil. Le seul inconvénient du Symbolisme, c’est qu’il réclame, de la part de ses