Page:Boussenard - La Terreur en Macédoine, Tallandier, 1912.djvu/69

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Chapitre V


Sauvé ! — Comment Joannès put se débarrasser de ses liens. — Au fond de l’eau. — Les amis des mauvais fours. — Le passé de Joannès. — Projet patriotique. — Néant ! — Les gendarmes ! — Premiers coups de feu. — Massacre. — Bas les armes ! — Victoire. — Transformation. — « Je voudrais être brigand ! » — En avant !


Au moment où la troupe albanaise disparaît aux dernières lueurs du crépuscule, une tête pâle émerge au-dessus de la rive. Toute blanche, comme un marbre, elle se détache en vigueur sur la terre noirâtre, semée d’herbes courtes.

Deux mains saisissent à pleines poignées les gramens, se crispent et s’agrippent. Un souffle saccadé se fait entendre, l’eau clapote, les roseaux s’agitent.

Et une voix étouffée, toute sifflante, gronde avec un indicible accent de haine :

« Garde-toi, Marko !… garde-toi et sois maudit !… »

D’un violent effort, le corps immergé tente de s’arracher de l’eau.

Il s’élève jusqu’aux épaules, retombe encore pour de nouveau s’enfoncer.