Page:Boyer d’Argens - Lettres juives, 1754, tome 2.djvu/219

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


Combien ont été étouffés dans le berceau ? Eh ! qui connoît aujourd’hui cent livres composés seulement depuis environ vingt ans ? Quel est le mortel, qui, soigneux de conserver le bon goût, & de ne point remplir son esprit de fadaises dites avec emphase, & amplifiées de plusieurs riens inutiles, ose lire la prétendue histoire des sept Sages par Larrey, augmentée par un autre auteur de remarques encore plus mauvaises que le corps de l’ouvrage, & qui n’ont que le seul mérite d’être aussi courtes qu’inutiles ? L’histoire de Louis XIV. & celle de Guillaume III. [1], écrite par le même auteur, sont aussi parvenues à leur fin.

Nos neveux n’auront point le pénible soin de chercher à accorder avec lui-même cet écrivain, qui fait alternativement de ces deux monarques deux héros & deux princes fort médiocres. Dans l’histoire de Louis XIV, Guillaume III est un homme très-ordinaire : & dans l’histoire de Guillaume III, Louis XIV. devient un héros, dont le mérite s’éclipse si fort qu’on ne le reconnoît plus.

Nos neveux, dis-je, s’instruiront des actions de ces monarques qui furent réellement de grands hommes dans les ouvrages

  1. Dans l’histoire d’Angleterre.