Page:Buckland - La Géologie et la Minéralogie dans leurs rapports avec la théologie naturelle, 1838, tome 1.djvu/365

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TRILOBITES.

sont les seuls articulés de cette classe qui se montrent dans des couches contemporaines de celles où se trouvent des débris de trilobites[1]. Ainsi, pendant toutes les périodes qui se sont écoulées depuis le dépôt des plus anciennes couches fossilifères jusqu’aux étages supérieurs de la formation houillère[2], les trilobites paraissent avoir été les représentans principaux de toute une classe qui se développa en un grand nombre d’ordres et de familles, après la disparition de ces premières formes crustacéennes.

Les singularités étranges de configuration que présentent les animaux de cette famille ont attiré sur eux l’attention depuis fort long-temps. M. Brongniart, dans son estimable mémoire publié en 1822, en a mentionné cinq genres et dix-sept espèces[3] ; d’autres auteurs (Dalman, Wahlenberg, Dekay et Green) y ont ajouté cinq nouveaux genres, et ont porté le nombre des espèces à cinquante-deux ; quatre de ces genres sont figurés dans la planche 46. On a long-temps confondu les trilobites fossiles avec les insectes, sous le nom d’entomolithus paradoxus ; et ce n’est qu’après de nombreuses discussions sur

  1. On trouve en Écosse, dans le calcaire d’eau douce situé au dessous du terrain houiller du Mid-Lothian, deux genres d’entomostracés, les genres eurypterus et cypris, le premier à Kirkton, près de Bathgate, et le second à Burdie House, près d’Édimbourg. (Transact. de la société royale d’Édimbourg, T. 13.) En outre, on a reconnu tout récemment le troisième genre, le genre limule, dans la formation houillère, et nous allons en donner bientôt la description. Ainsi les entomostracés paraissent avoir été les seuls représentans de la classe des crustacés, jusqu’après le dépôt des couches carbonifères.
  2. On a découvert dernièrement une nouvelle espèce de trilobites, dans le minerai ferrugineux, au milieu du terrain houiller, à Coalbrook-Dale. Lond. and Edimb. Phil. Mag. T. 4, 1834, p. 576.
  3. Ce sont les genres calymene, asaphus, ogyges, paradoxus et agnostus. Plusieurs de ces noms ont été choisis précisément pour exprimer l’obscurité qui couvrait la nature des corps auxquels on les appliquait ; ἀσαφής obscur ; κεκαλύμμενη caché ; παραδοξος merveilleux ; ἀγνωστος inconnu.