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POLYPIERS FOSSILES.

fait celle de la baleine ; et un résultat auquel nous sommes conduits, comme terme de tous nos travaux, c’est la conviction que les opérations les plus grandes et les plus importantes de la nature sont produites par l’action d’atomes trop petits pour que l’œil de l’homme puisse les saisir, ou pour que son intelligence elle-même puisse y atteindre.

Nous ne pouvons mieux terminer ce coup d’œil jeté à la hâte sur l’histoire des polypiers fossiles qui se montrent

dans une seule famille, les trois modes de reproduction vivipare, ovipare ou scissipare.

Ce qu’il est difficile d’expliquer, c’est comment les œufs ou le corps d’individus, déjà précédemment existans, peuvent trouver accès dans chaque infusion ; mais cette explication est déjà facilitée par les faits analogues que présentent plusieurs champignons que l’on voit naître, sans aucune cause apparente, partout où une matière animale ou végétale se trouve exposée à la décomposition sous certaines conditions de température, d’humidité. Fries explique la production subite de ces végétaux par l’hypothèse que des sporules légers et presque invisibles, dont il a compté plus de 10 000, 000 dans un seul individu, sont continuellement en suspension dans l’air, et vont se déposer sur tous les points. La plus grande partie de ces corpuscules demeure stérile, parce qu’elle ne rencontre pas des conditions convenables ; ceux au contraire qui trouvent ces conditions se développent avec rapidité, et donnent eux.mêmes naissance à d’autres sporules destinés à remplir les mêmes fonctions.

On peut expliquer de même la reproduction des infusoires. L’excessive petitesse des œufs et du corps de ces animalcules leur permet sans doute de flotter dans l’air de la même manière que les sporules invisibles des champignons, après que diverses causes, et peut être l’évaporation elle-même, leur ont fait quitter la surface des liquides où ils se sont formés. Chaque goutte d’eau qui s’évapore d’un étang ou d’un fossé, pendant l’été, entraîne peut-être avec elle des millions de ces œufs ou de ces corps desséchés, pour les dissiper dans l’atmosphère, comme les atomes qui constituent la fumée. Puis ces corpuscules reprendront vie dès qu’ils seront tombés dans quelque milieu qui leur transmette l’excitation nécessaire. M. Ehrenberg en a trouvé dans le brouillard, dans l’eau de pluie, dans la neige.

Si le grand océan aérien qui entoure le globe est ainsi chargé de principes de vie flottant continuellement en compagnie des atomes que