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COUCHES DE LA PÉRIODE SECONDAIRE.

Ce qui caractérise partout la création animale de ce groupe secondaire, c’est la prédominance numérique du type des reptiles sauriens et les proportions gigantesques sous lesquelles il se manifeste. Plusieurs étaient exclusivement marins ; d’autres étaient amphibies ; d’autres enfin se tenaient à terre et rampaient dans les savannes et les marécages que couvrait une végétation intertropicale, et ils s’étendaient au soleil, sur les bords des golfes, des lacs et des rivières. L’air lui-même était parcouru par des lézards volans, les ptérodactyles, qui réalisaient les formes fabuleuses des dragons. La terre à cette époque était probablement encore trop inondée, et les portions découvertes de sa surface étaient trop fréquemment bouleversées par les tremblemens de terre, les inondations et les mouvemens de l’atmosphère, pour qu’elle pût être habitée sur une grande étendue par quelque

suffisait pas à la réalisation des grands projets du créateur sur notre globe lorsqu’il se proposait d’en faire la demeure de l’homme. Ces animaux fournissent, il est vrai, aux sauvages errans de l’Australie quelques moyens d’améliorer leur alimentation ; mais il est douteux qu’aucune de leurs espèces ait été préservée de la destruction dans une vue d’utilité pour l’homme civilisé. Des ruminans plus dociles et d’une valeur bien supérieure envahissent chaque jour les plaines où naguère encore le kanguroo représentait seul la série des mammifères graminivores.

C’est néanmoins un fait digne d’intérêt que les marsupiaux, si on y ajoute les monotrêmes, forment une série tout à fait complète et qui s’assimile la matière organique sous toutes ses formes.

En outre, il est hors de doute qu’il suffisait de la prudence de l’instinct telle qu’on l’observe dans ces animaux pour les préserver de l’extermination, alors que les ennemis qui les entouraient n’étaient pas d’une intelligence supérieure à celle des reptiles. Ainsi l’opinion qui veut qu’on les sépare des autres mammifères proprement dits pour les constituer en une sous-classe de mammifères ovovivipares trouverait un secours puissant dans ce fait, s’il venait à être démontré qu’ils représentent seuls, dans les formations secondaires, ainsi qu’il est permis de le croire jusqu’ici, cette classe, la plus élevée des vertébrés.

R. Owen.