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FORMATIONS TERTIAIRES.

et des genres inconnus sans autre ordre que celui où ces divers objets se sont offerts à son étude, il tire de ce désordre même la démonstration la plus puissante de l’exactitude des principes qui l’ont guidé dans toutes ses recherches. On voit les fragmens venus les derniers confirmer les conclusions auxquelles il était parvenu à l’aide de ceux qui avaient été les premiers rendus à la lumière ; et combien est peu de chose le nombre des pas rétrogrades auxquels il est contraint, comparé à celles de ses prédictions que l’on voit s’accomplir à la lettre. Des découvertes ainsi coordonnées démontrent la fixité des lois de coexistence qui ont de tout temps réglé la nature animée, et qui établissent une connexion intime entre ces genres éteints et les divers groupes de mammifères actuellement en possession de l’existence.

Nous pouvons apprécier quel nombre immense d’animaux repose dans le gypse de Montmartre d’après ce fait avancé par Cuvier qu’à peine un bloc sort-il de ces carrières qui ne renferme quelque fragment d’un squelette fossile. Des millions d’ossemens, dit il, ont été détruits avant que l’attention se soit portée sur cet objet[1].

Outre le grand nombre d’espèces et de genres de mammifères perdus qui se trouvent indiqués dans la note ci-dessus, la présence de neuf ou dix espèces d’oiseaux fossiles appartenant à la période Éocène du groupe tertiaire est un phénomène digne d’attention et presque nouveau dans l’histoire des débris

  1. La liste suivante de vertébrés fossiles trouvés dans les carrières de plâtre des environs de Paris jette d’importantes lumières sur la nature de la population de cette première portion lacustre de la période tertiaire. (Voyez pl. 1, fig. 75-96.)