Page:Burnouf - Introduction à l’histoire du bouddhisme indien.djvu/42

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à l’aide de matériaux indiens : aussi y ai-je amplement puisé. Je n’ai cependant pas fait un aussi fréquent usage des dissertations de M. Turnour que de celles de M. Hodgson, parce que je ne m’occupe encore, dans ce premier volume, que du Buddhisme septentrional. Quand j’arriverai à l’analyse des livres pâlis de Ceylan, on verra quelles découvertes et quels travaux on doit au zèle de M. Turnour ; il faudra même reconnaître que s’il a donné à l’Europe moins de manuscrits originaux, il lui a fait lire plus de traductions exactes. Alors il me sera possible de rendre une égale justice aux efforts de ces deux hommes éminents, qui ont éclairé l’origine et les dogmes du Buddhisme indien de plus de lumières que tous ceux qui jusqu’alors en avaient entrepris l’étude, sans marquer avec une précision suffisante les limites et le champ de leurs recherches.

Enfin, j’ose compter sur l’indulgence du lecteur pour une tentative aussi nouvelle dans un sujet aussi difficile. J’aurais voulu y apporter autant de savoir que j’y ai mis de bonne foi, mais j’ai trop souvent rencontré des obstacles qu’il m’a été impossible de vaincre. J’ai donné tous mes soins à la correction des textes et des termes orientaux que j’ai cités ; c’est cependant en ce point surtout que je redoute la sévérité de la critique. L’impression de ce volume a été achevée au milieu des préoccupations les plus pénibles. Frappé par le coup inattendu qui, en enlevant à notre famille un chef respecté, a si cruellement troublé le bonheur qu’elle lui devait, je n’ai pu m’arracher que par de longs efforts au découragement qui m’avait atteint. Il a fallu que le souvenir toujours présent de mon père me rappelât à des travaux qu’il encourageait. Ceux qui l’ont connu ne me demanderont pas de leur dire les motifs que j’ai de le pleurer, car ils savent tout ce dont il était capable pour ceux qu’il aimait ; et ils comprendront sans peine que j’aie regardé comme le plus impérieux des devoirs l’obligation de placer cet ouvrage sous la protection de ce nom cher et vénéré.

Paris, ce 10 novembre 1844.