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dont je parle, pour apprécier le zèle désintéressé qui animait M. Hodgson, et la persévérance qu’il avait mise à poursuivre l’objet de ses recherches. Je la rappelle ici, moins à cause de l’honneur qu’elle fait à son auteur que parce qu’elle marque le point de départ de ses travaux, et qu’elle constate les soins qu’il prit pour se mettre à même de vérifier sur les textes sacrés les renseignements qu’il tenait du Buddhiste de Patan. En effet, pendant qu’il résumait sous une forme précise les réponses que le Buddhiste donnait à ses questions, il faisait exécuter une liste des livres buddhiques, rédigés en sanscrit, que l’on connaissait au Népâl, et il se procurait des copies de ceux de ces livres auxquels il lui était possible d’avoir accès, dans le dessein de les envoyer à Calcutta et à Londres. Il voulait par là donner aux corps savants qui s’occupent de l’histoire de l’Asie les moyens de contrôler, d’étendre et de compléter, par l’étude des textes originaux, les résultats qu’il avait recueillis dans ses conversations avec le Buddhiste de Patan.

Une circonstance heureuse le servit dans la composition de la liste des écritures buddhiques du Népal, qu’il cherchait à dresser. Il apprit que les copistes ou les possesseurs de livres religieux avaient autrefois l’usage d’ajouter à la fin de leurs exemplaires des espèces de listes des ouvrages sacrés qui leur étaient connus. La découverte de ces listes le mit en état de compiler le catalogue d’une véritable bibliothèque buddhique, lequel ne renferme pas moins de deux cent dix-huit articles, dont plusieurs sont d’une étendue considérable, ainsi qu’on l’a pu vérifier depuis. Ce catalogue, beaucoup plus important et plus complet que celui qu’il avait adressé à la Société du Bengale, fut imprimé, dans les Transactions de celles de Londres, en caractères dêvanâgaris[1]. Je ne parle pas d’autres communications dont s’enrichirent les Transactions de la Société Asiatique de la Grande-Bretagne, ainsi que les autres recueils scientifiques cités plus haut, et je me hâte d’arriver au résultat qui, pour M. Hodgson, avait toujours été un des objets les plus importants de ses recherches, je veux dire le don qu’il avait l’intention de faire à la Société Asiatique de Londres, comme il l’avait fait depuis quelque temps à celle de Calcutta[2], de la collection des manuscrits buddhiques découverts par ses soins.

Au commencement de l’année 1830 il fit parvenir à Londres sept volumes de manuscrits bhoteas (tibétains), comme les désigne, sans autre description, la liste des dons faits à la Société Asiatique, qui est insérée à la fin du troisième

  1. Transact. of the Roy. Asiat. Soc., t. II, p. 224 sqq.
  2. De 1824 à 1839, M. Hodgson avait envoyé à la Société Asiatique de Calcutta près de cinquante volumes en sanscrit, et quatre fois autant en tibétain. (European Specul. on Buddhism, dans Journ. of the Asiat. Soc. of Bengal, t. III, p. 885, note.)