Page:Burnouf - Introduction à l’histoire du bouddhisme indien.djvu/48

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ainsi que la partie du Kah-gyur intitulée Cher-tchin (Cher-phyin), qui traite, en vingt et un volumes, de la métaphysique du Buddhisme, est renfermée tout entière, moins les derniers volumes peut-être, dans les diverses éditions de la Pradjñâ pâramitâ en sanscrit, découvertes par M. Hodgson[1]. Il en faut dire autant d’un bon nombre de volumes appartenant à la section du Kah-gyur nommée Mdo-sde, et répondant à la grande division des écritures buddhiques du Népâl dite Sûtrânta, ou simplement Sûtra. Par exemple, le second volume de la section tibétaine est la traduction du Lalita vistara, c’est-à-dire d’une exposition religieuse de la vie de Çâkyamuni[2]. Une partie du cinquième volume renferme la version du traité philosophique sanscrit intitulé Langkâvatâra[3], ouvrage qui, pour le dire en passant, existe également à la Chine[4]. Le septième volume donne la traduction du Saddharma puṇḍarîka, ou du Lotus blanc de la bonne loi, dont je publierai prochainement une traduction française[5]. Ce même volume contient, entre autres traités, une traduction du Karaṇḍa vyûha, dont le texte sanscrit existe également dans la collection de M. Hodgson[6]. Le vingt-neuvième volume donne une version tibétaine très-littérale, ainsi que je l’ai vérifié moi-même, d’un recueil de légendes intitulé Avadâna çtaka, dont je m’occuperai ailleurs plus en détail, et dont j’ai déjà traduit deux livres[7]. Je ne parle pas d’un nombre considérable de morceaux qui se trouvent dispersés, soit dans la section dite Mdo, et dont le Divya avadâna de M. Hodgson donne les originaux sanscrits, soit dans la section Dul-va (Hdul-va-gji). Les rapprochements que je viens d’indiquer suffisent pour prouver combien est digne de confiance le témoignage des Népâlais, quand ils affirment que leurs textes sanscrits sont les originaux des versions tibétaines. Ces citations donnent en même temps une grande vraisemblance à cette opinion de M. Hodgson, qu’il n’est, dans la collection du Tibet, presque aucun traité dont on ne doive garder l’espérance de retrouver un jour l’original sanscrit[8]. Si M. Hodgson s’exprimait

  1. Csoma de Cörös, Anal. of the Sher-chin, dans Asiat. Res., t. XX, p. 393 seqq., comparé avec Hodgson, Sketch of Buddh., dans Transact. of the Roy. Asiat. Soc., t. II, p. 224 sqq.
  2. Csoma, ibid., p. 416 sqq., comparé avec Hodgson, Sketch, etc., p. 224.
  3. Csoma, ibid., p. 432, comparé avec Hodgson, Sketch, etc., p. 224. Nous verrons plus bas que le véritable titre de cet ouvrage est Saddharma Langkâvatâra.
  4. A. Rémusat, Recherches sur les langues tartares, t. I, p. 206. Mél. Asiat., t. 1, p. 181. Observ. sur trois Mém. de M. de Guignes, dans le Nouv. Journ. Asiat., t. VII, p. 295.
  5. Csoma, Analys., etc., ibid., p. 436 seqq., comparé avec Hodgson, Sketch, etc., p. 224.
  6. Csoma, ibid., p. 437, comparé avec Hodgson, Sketch, etc., p. 225.
  7. Csoma, ibid., p. 481, comparé avec Hodgson, Sketch, etc., p. 224.
  8. Letter to the secret. Asiat. Soc., dans Journ. of the Roy. Asiat. Soc. of London, t. III, p. viij. Quotations from orig. Sanscr. author. in proof, etc., dans Journ. of the Asiat. Soc. of Bengal, t. V, p. 29, note †.