Page:Camille Pagé - La coutellerie depuis l'origine jusqu'à nos jours V1, 1896.djvu/106

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée
56
PARIS

ni se servir de polissoir à l’emeril ou autrement ; leur étant pareillement défendu d’emmancher aucunes allumelles, quelles qu’elles soient.

Enfin il est défendu à tous Marchands Merciers, faisant commerce de marchandises de coutellerie, de tenir chez eux aucun compagnon pour travailler du dit métier, ni d’avoir des meules et des polissoirs. »

Les couteliers étaient autorisés à fabriquer des lames d’épées, de dagues, de pertuisanes, de hallebardes et autres bâtons servant à la défense de l’homme. Des lettres patentes du 15 mars 1756, accordées à la suite de discussions avec les orfèvres, les autorisèrent à fondre et employer les matières d’or et d’argent dans leurs ouvrages[1].

Il était permis aux couteliers, par une sentence du lieutenant-général de police de Paris, du commencement du XVIIIe siècle, de vendre en détail des pierres à rasoir, dont néanmoins ils ne peuvent faire aucune montre dans leurs boutiques ; leur étant même défendu d’en avoir chez eux en réserve plus d’un cent à la fois ; le commerce en gros de cette marchandise étant du fait des marchands merciers, particulièrement de ceux qui font la quincaillerie.

Les couteliers de Paris avaient aussi le privilège que n’avaient point les autres couteliers, de pouvoir exercer leur état dans n’importe quelle ville du royaume. M. Gustave Saint-Joanny[2] nous donne la confirmation de ce privilège par le débat qui’ eut lieu le premier août 1770 entre les maîtres couteliers de Thiers et le sieur Antoine Guillemot, qui était venu s’installer à Thiers en se prévalant de sa qualité de maître coutelier de Paris.

Les couteliers de Thiers voulurent empêcher ce dernier d’exercer cette profession dans leur jurande, mais il eut gain de cause.

Nous allons maintenant passer en revue les noms des couteliers de cette époque qui sont parvenus jusqu’à nous.

XIVe siècle
Guillaume de Moussay coutelier du roi Jean (1356).
Thomas de Fieuwiller, coutelier du roi Jean (1352).
Jean de Saint-Denis, forgeur d’allemelles à la marque de la Corne de Cerf
Evard de Boessay marchand de couteaux ; le roi Charles V (1364) lui accorda la propriété de la marque de la Corne de Cerf, qui appartenait à Jean de Saint-Debus mort sans héritiers.
Symonnet Petit,
Verzi, rue de la Cossonnerie,
Pierre Willequin
\left. \begin{matrix} \\ \\ \end{matrix} \right\} couteliers du roi Charles VI (1380)
  1. Alfred Franklin. — Les corporations ouvrières de Paris du XII au XVIIIe siècle.
  2. Gustave Saint-Joanny. — La coutellerie Thiemoise de 1500 à 1800.