Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t1.djvu/438

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propre des femmes dans leur jeunesse, qu’on en juqe par celui qui leur reste, après qu’elles ont passé l’âge de plaire.

— Il me semble , disait M. de à propos des faveurs des femmes, qu’à la vérité cela se dispute au concours ; mais que cela ne se donne ni au sentiment, ni au mérite.

— Les jeunes femmes ont un malheur qui leur est commun avec les rois , celui de n’avoir point d’amis ; mais , heureusement, elles ne sentent pas ce malheur plus que les rois eux-mêmes : la grandeur des uns et la vanité des autres leur en dérobent le sentiment.

— On dit, en politique, que les sages ne font point de conquêtes : cela peut aussi s’appliquer à la galanterie.

— Il est plaisant que le mot, connaître une femme, veuille dire, coucher avec une femme, et cela dans plusieurs langues anciennes , dans les mœurs les plus simples , les plus approchantes de la nature ; comme si on ne connaissait point une femme sans cela. Si les patriarches avaient fait cette découverte , ils étaient plus avancés qu’on ne croit.

— Les femmes font avec les hommes une guerre où ceux-ci ont un grand avantage, parce qu’ils ont les filles de leur coté.

— Il y a telle fille qui trouve à se vendre, et ne trouverait pas à se donner.

— L’amour le plus honnête ouvre l’âme aux