Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/23

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1 -X OEUVRES

maître contre les autres chiens ; après cette époque, on fait comme le même chien, qui en ])rend sa part avec les autres. »

— Madame de B ne pouvant, malgré son

grand crédit, rien faire pour M. de D...., son amant, homme par trop médiocre, l’a épousé. En fait d’amans, il n’est pas de ceux que l’on montre ; en fait de maris, on montre tout.

— ]M. le comte d’Orsai, fils d’un fermier-géné- ral, et si connu par sa manie d’être homme de qualité, se trouva avec M. de Choiseul-Gouffier, chez le prévôt des marchands. Celui-ci venait chez ce magistrat pour faire diminuer sa capitation considérablement augmentée : l’autre y venait porter ses plaintes de ce qu’on avait diminué la sienne, et croyait que cette diminution sup- posait quelque atteinte portée à ses titres de noblesse.

— On disait de M. l’abbé Arnaud, qui ne conte jamais : «Il parle beaucoup, non qu’il soit bavard, mais c’est qu’en parlant on ne conte pas.»

— M. d’Autrep disait de M.deXimenez : «C’est un homme qui aime mieux la pluie que le beau temps, et qui, entendant chanter le rossignol > dit : « Ah ! la vilaine béte ! »

— Le tzar Pierre i""., étant à Spithead, voulut savoir ce que c’était que le châtiment de la cale qu’on inflige aux matelots. Il ne se trouva pour lors aucun coupable ; Pierre dit : « Qu’on prenne un de mes gens. — Prince, lui répondit-on, vos gens